Etat de manque (réactualisation)

Au regard de dernières découvertes expérimentales, il a été considéré comme nécessaire la ré-écriture d’un article précédemment édité.

En effet, un élément important, jusqu’alors inconnu, conduit à revoir toutes les connaissances actuelles sur le sujet de l’état de manque. Une nouvelle variable est à prendre en compte, à savoir la notion de réciprocité. Il semblerait que les effets de l’état en question soient beaucoup plus marqués lorsqu’ils sont simultanément ressentis par deux êtres vivants. A noter : l’article se bordera ici à l’espèce humaine, car il semble que les symptômes soient particulièrement faciles à identifier dans cette population.

Il a ainsi été constaté que lorsque l’on associe deux sujets, selon des critères choisis (ou pas, le caractère aléatoire peut parfois conduire aux mêmes résultats) tels que les goûts culturels, la capacité de discussion et réflexion, les valeurs morales (critère assez spécifique à l’espèce humaine, il faut l’avouer…) ou l’attrait pour les activités physiques (de tout ordre et en tous endroits), il peut s’opérer une évolution des deux êtres, conduisant à une certaine propension à la recherche, plus ou moins ponctuelle, de fusion intellectuelle et physique, ainsi qu’un semblant d’état augmenté, procurant aux deux spécimens un regain d’énergie conséquent.

Ce qui pourrait apparaître comme un atout par rapport aux autres membres de l’espèce devient très vite un handicap en cas de séparation au-delà d’une distance propre à chaque individu. C’est là que l’état de manque apparaît et annule tous les bénéfices de l’association précédente. Il se traduit par une apathie assez marquée pour les deux sujets et la disparition de toute velléité de mouvement et d’initiative.

Les êtres concernés reportent alors leur attention sur d’autres artefacts, comme par exemple un modèle de litière, prévue initialement pour la position assise, de laquelle les sujets atteints semblent ne plus vouloir sortir. La dénomination de l’objet semble être « Ka-napée », mais l’analyse des enregistrements sonores du spécimen étudié n’a rien donné de très concluant. D’autres supports, tel un objet touché, utilisé ou oublié par l’autre être de l’association peut également faire l’objet d’un report excessif d’affection. Cela peut conduire à certains comportements hors normes, comme parler à des fleurs ou un morceau de tissu, voire serrer contre soi un « Noret-Yé » (objet manufacturé rembourré utilisé lors du repos par l’autre).

L’état de manque peut être encore amplifié par des échanges écrits ou verbaux à distance, permis par différents outils de communication, paradoxe s’il en est, considérant que ces échanges sont censés faciliter l’attente de la prochaine rencontre.

Dernier constat, plus l’état de manque sera fort, plus l’effet positif de l’association des deux êtres sera marqué. Il semble donc que cet état soit indispensable à la survie, dans de bonnes conditions, de l’espèce.

Retrouvailles

Je ne me lasse pas que tu m’enlaces

Et qu’enfin la tristesse s’efface,

Celle de ne pas sentir à mes côtés

La chaleur du corps désiré.

Que ton sourire me revienne enfin

Que nous puissions partager, coquins,

Des baisers égrenés la douceur

Des caresses délicates le bonheur.

Que tes doigts délacent

Le corset trop serré

D’un cœur esseulé

Par les jours qui passent.

Rencontres du soir

Lumière du soir après la pluie, le bonheur du photographe

Qui ne peut résister à saisir l’instant fugace, derrière la maison.

Surprise, il n’est pas seul à profiter des derniers rayons.

Trois compères dont un cornu se la coulent douce au bout des sillons.

« Dites-moi chers voisins, voulez-vous une pinte ?

– De bière nous ne buvons point, la rosée est notre seul absinthe

Et la lune notre boule à facettes ».

C’est le gars qui a parlé, déjà il rappelle ses copines aux fesses blanches.

Il ne reste plus qu’à se rabattre sur les rois de la maisonnée.

Seuls deux sont encore dehors à regarder le soleil se coucher.

Tabi sur son poteau se la joue fainéant.

« Tu rêves mon poto, moi je vais dormir céans ».

Plus qu’à se tourner vers le chien pour un défi de photographie.

Que des poils flous sur du gravier, c’est tout ce qui apparaît sur les clichés.

Tant pis, ya plus qu’à rentrer…

Les heureux fous du canal

Leurs vélos chatoyants et leurs costumes bigarrés,

Ils sont partis en chantant et prêts à pédaler.

Colorés et joyeux, ils se sont fait remarquer,

Le long du canal on les a toisé

Leur bonne humeur a peut-être même fait jaser

Mais leur seul souhait était de partager leur gaieté.

Cette belle journée des poètes a été l’occasion

De croiser Prévert et Vian, et d’autres chansons.

La tristesse s’est enfuie rejetée comme la peste

Et les autres arts ne furent pas en reste :

La beauté tourmentée du métal rouillé,

Des bois emmêlés et des tableaux inspirés,

Des impressions linographiques

Et quelques merveilles oenologiques…

Le désir de ce printemps fut de prendre du bon temps

Malgré masques, consignes et autres règlements

De tout de même apprécier les plaisirs de la vie

Que vous apporte l’Art et de nouveaux amis.

Désir d’une vie ou amour d’un soir ?

La brume de ton cœur

T’empêche d’y voir clair

Aux jeux des sept erreurs

Que t’impose cette affaire.

Tu essaies de repérer, bien en peine,

Les petits indices cachés dans la scène

Qui pourraient enfin t’aider et permettre

De trouver la vérité derrière le paraître.

La belle est-elle ton aimée ?

Ou te serais-tu fourvoyé

A confondre le retour de l’amour

Avec l’attrait des beaux atours

Que porte toujours sur lui le désir

D’un corps à serrer et chérir ?

La belle au matin s’étant enfuie

Jamais tu ne sauras si de la veille l’envie

Aujourd’hui s’est muée en besoin

Du fait qu’elle soit partie au loin.

Depuis de tes fantasmes elle est le support

D’elle au quotidien tu crois rêver encore.

Tu te persuades de beaux sentiments

Alors qu’en fait seul le désir te prend.

Désir sans gaieté

C’est aujourd’hui le début du printemps des poètes 2021. Thème de cette année : le Désir…

Impossible de passer à côté, non ???

Lui oublie sa raison

Tout aux tourments de sa passion

Et ne peut s’empêcher de ressentir

La douce douleur du désir.

Elle tente de n’en rien montrer

Mais son regard ne cesse de briller

En imaginant ses délicats doigts fins

Trouver de son cœur le chemin.

Lui voudrait tant caresser ses cheveux

L’embrasser sur la bouche, le front, les yeux…

L’étreindre en son sein

Du soir au matin

Sentir toute la nuit

Son cœur battre contre lui…

Elle imagine leurs corps fiévreux enlacés,

Un voyage nocturne au pays d’Eros,

De l’union fougueuse aux caresses effleurées

Jusqu’à ce qu’enfin la fleur éclose.

Le métro a stoppé, c’est l’arrêt redouté

Où le matin chacun part de son côté.

Gaîté, la station mal nommée,

Tous les jours vient leurs rêves briser.

C’est ainsi parfois que deux inconnus du quotidien

Ignorent de leurs sentiments l’unité.

Un jour il faudra bien que les rêves passent la main

A la belle réalité de l’amour partagé.

Gelée du matin

Tu poses tes cristaux blancs

Sur les arbres et les champs.

Tes minuscules paillettes

Donnent un air de fête

Au moindre brin d’herbe,

De la nacre la superbe

A l’objet abandonné

Aux frimas de la nuitée.

Ton froid piquant réveille l’âme

Et brûle comme une flamme

Les imprudents qui s’aventurent

Au dehors sans couverture.

Au cœur de l’hiver

Tu égalises les défauts

De ce monde austère

En le rendant beau.

Cependant comme l’amour

Tu es éphémère.

Passé le début du jour

Disparu le mystère.

Au soleil éclatant

A fondu le voile

Donnant le soir aux amants

La beauté d’une étoile.